5 raisons pour lesquelles Alberto Contador est l'un des meilleurs cyclistes de l'histoire

5 razones por las que Alberto Contador es uno de los mejores ciclistas de la historia

Tous ceux qui ont vécu, que ce soit en direct ou à la télévision, l’avant-dernière étape de la dernière Vuelta a España, s’en souviendront toujours. Ce fut bien plus que la dernière bataille de Alberto Contador avant sa retraite du cyclisme professionnel ; ce fut la démonstration de ce que signifie être un cycliste légendaire. Ce dernier effort sur le Angliru, avec des pentes infernales, restera gravé dans la mémoire des passionnés de cyclisme, aussi bien ceux qui suivent le cyclisme sur route que ceux qui aiment le défi du VTT en haute montagne.

Les exploits des grands coureurs transcendent le temps. Contador ne s’est pas seulement illustré dans le cyclisme sur route, mais son esprit combatif et sa capacité à attaquer dans les moments les plus difficiles inspirent aussi ceux qui parcourent des sentiers techniques avec leurs vélos de montagne, affrontant des montées exigeantes et des descentes vertigineuses.

Dans quelques années, peu se souviendront s’il y eut 20 secondes qui l’ont séparé du podium après l’une des étapes les plus dures du calendrier international. Les chiffres peuvent s’effacer, mais l’épopée de Contador restera à jamais. Après quinze ans de carrière, le Madrilène mérite sa place dans le cercle très fermé des meilleurs cyclistes de tous les temps.

Nous pourrions vous donner de nombreuses raisons de le considérer comme une légende, mais nous allons les résumer en cinq raisons clés pour lesquelles Alberto Contador a marqué le cyclisme, tant dans le monde du vélo de route que par l’inspiration qu’il suscite chez les vététistes.

Pour son palmarès

Le Giro d’Italie 2008 et celui de 2015, le Tour de France 2007 et 2009, ainsi que la Vuelta a España 2008, 2012 et 2014 portent son nom. Et cela devrait suffire à hisser Contador à la place qu’il mérite dans l’histoire du cyclisme. Mais son palmarès de victoires ne s’arrête pas là, loin de là. Sa prestigieuse carrière est complétée par 8 victoires d’étape dans ces trois Grands Tours, le Tour du Pays Basque en 2008, 2009, 2014 et 2016, Milan-Turin 2012 et Tirreno-Adriatico 2014. Il ajoute à tout cela la victoire au classement UCI World Ranking et 4 distinctions comme Bicicleta de Oro du meilleur cycliste de l’année. À cela s’ajoute qu’il peut se vanter d’être le seul cycliste espagnol à avoir remporté le Giro, le Tour et la Vuelta, ce qui le place au niveau de surhommes comme Merckx, Hinault, Anquetil, Gimondi et Nibali.

Parce qu'il a pris la mesure du Tour dès le premier jour

Contador s'est présenté au Tour comme débutant lors de l'édition 2005, l'année de son retour au professionnalisme après sa grave intervention chirurgicale. Ce fut un pari courageux pour lui et pour ceux qui ont parié sur lui. Engagé dans les rangs du Liberty Seguros-Würth et à peine âgé de 22 ans, il fut le deuxième meilleur jeune de la carrera. Il a tellement bien pris la mesure de la compétition que, dès sa deuxième participation en 2007, il s'est déjà couronné à Paris. Il n'a pas gagné lors de sa première apparition, comme les légendaires Eddy Merckx ou Bernard Hinault, mais son mérite est indiscutable. Miguel Indurain, par exemple, a mis 4 ans avant d'entendre l'hymne espagnol vêtu de jaune.

Parce que même une sanction pour dopage n'a pas pu l'arrêter

Février 2012 n'a apporté que de mauvaises nouvelles pour Alberto Contador, qui a été contraint d'accepter la sanction de deux ans du TAS (Tribunal Arbitral du Sport) pour un contrôle positif au clenbutérol. 50 picogrammes furent la cause, même si la défense du coureur les a attribués, sans succès, à un steak frelaté. Il a été dépossédé du Tour 2010 et du Giro 2011 par l'UCI. La punition, un coup dur qui aurait signifié un effondrement total, psychologique et mental, pour un autre professionnel, fut son carburant. Fait d'une autre trempe, il a prouvé au monde qu'il revenait encore plus fort, remportant deux autres victoires générales à la Vuelta a España et au Giro 2015.

Parce qu'il a vaincu la maladie et l'a célébré de la meilleure façon possible

Sans tragédie, il n'y a pas de héros. Et Contador, comme les plus grands, a connu sa propre chute et sa rédemption. Le 13 mai 2004, lors du Tour des Asturies, il est tombé au sol à cause d'un malaise soudain et, alors qu'il était inconscient, il a subi de fortes convulsions. Sa vie a été en danger. La cause était un cavernome cérébral congénital dont il a dû être opéré d'urgence à Madrid pendant 5 heures. L'énorme cicatrice qui l'accompagne depuis lors témoigne de la gravité de l'intervention. Pendant un an, Contador a non seulement travaillé pour retrouver une vie normale, mais aussi pour revenir à l'élite comme si rien ne s'était passé. 365 jours plus tard, le futur champion était encore plus fort. Tellement que, le jour même de son retour, lors du Tour Down Under en Australie, il a remporté l'étape reine. L'adversité transformée en motivation et en vertu comme rarement dans l'histoire de ce sport.

Parce qu'en dehors de la route, il a toujours été un exemple

Le sport professionnel exige de ses idoles des comportements exemplaires lorsqu'ils sont hors des projecteurs. Pau Gasol en fait preuve, Rafa Nadal en est le représentant et Alberto Contador l'incarne également depuis qu'il a commencé à faire la une des journaux et à ouvrir les bulletins d'information. Le parcours du natif de Pinto face aux médias est un exemple d'humilité, de modération et de respect envers ses rivaux. Sa responsabilité sociale ne fait également aucun doute, comme en témoigne la création, en 2010, de la Fondation Alberto Contador. Son objectif est de « sensibiliser la population et les autorités sanitaires à l'énorme impact sociosanitaire de l'AVC et d'améliorer la connaissance que la population en a », comme il l'a lui-même indiqué le jour de son inauguration. Des bourses de recherche et des événements cyclistes de sensibilisation à ce problème font partie des mesures prises par cet organisme.