Rouler en groupe peut être un défi pour ceux qui n'ont pas d'expérience, surtout pour les cyclistes habitués à s'entraîner seuls ou pour ceux qui passent des vélos de montagne aux vélos de route. La sensation de rouler en peloton, que ce soit lors d'une sortie entre amis ou lors d'une randonnée cyclotouriste, peut susciter de l'incertitude.
Cependant, apprendre à se déplacer dans le groupe est essentiel pour améliorer la sécurité et l'efficacité à chaque sortie. Si tu es novice dans cette dynamique, une bonne stratégie consiste à te placer à l'arrière du groupe, à observer et à comprendre comment les autres cyclistes communiquent et se synchronisent sur la route.
Maîtriser cette technique améliore non seulement la sécurité, mais permet aussi d'optimiser l'effort. Profiter de l'aspiration du groupe réduit la résistance au vent et aide à économiser de l'énergie, ce qui est particulièrement utile lors de longues sorties avec des vélos de route, où l'effet d'aspiration commence à se faire sentir à partir de 15-18 km/h.
Image : Thomas Maheux / A.S.O.[/caption]
À tout cela, bien sûr, il faut ajouter le plaisir de partager un bon moment à vélo en bonne compagnie. Rouler en groupe est une compétence que tout cycliste peut acquérir. Voici 12 conseils pour que tout soit beaucoup plus simple.
1.- Apprends à être le premier
Mener un groupe ne signifie pas imposer ton rythme aux compagnons. Ni en excès, ni en défaut. Une question délicate, voire conflictuelle, est de déterminer la vitesse optimale lorsque tu es en première position. Comment le savoir sans références pour indiquer le rythme ? La réponse n'est pas simple. Il existe des cyclistes qui profitent des circonstances, imposant un rythme étouffant pour beaucoup. Erreur. Il ne faut pas non plus aller à l'autre extrême. Garde à l'esprit que tes compagnons font moins d'effort que toi pour rouler à la même vitesse. En tête du groupe, il est normal de voir son rythme cardiaque augmenter. Sinon, tu obligeras ta formation à un rythme trop léger ou à des ralentissements constants. Rouler dans la roue permet d'économiser au moins 20 % de puissance. Par conséquent, en étant devant, tu devrais augmenter ton effort dans la même mesure. Les mathématiques ne trompent pas. En descente, sur une pente modérée, ne te laisse pas porter. C'est tentant, mais tes compagnons seront freinés ; même l'inertie les poussera à te dépasser, avec le risque que cela comporte et la rupture de la formation.
2.- Sois un bon leader

En lien avec le point précédent, souviens-toi qu'être le premier dans un groupe signifie veiller à la sécurité de tes compagnons. À cet égard, essaie de scanner le terrain et d'avertir des dangers potentiels. Agis comme tu aimerais qu'on agisse avec toi. Ne deviens pas fou et ne rends pas le groupe fou non plus. Crier et faire de grands gestes comme un possédé parce qu'une plaque d'égout approche ne semble pas raisonnable. D'autant plus que tes compagnons peuvent mal t'interpréter, paniquer et provoquer une chute parfaitement évitable.
3.- Garde la tête haute
Non seulement par dignité, mais surtout pour la sécurité. Baisser la tête lorsque tu roules en groupe est une recette pour le désastre. Utilise le coin de l'œil pour surveiller les mouvements de tes compagnons à gauche et à droite. Lève les yeux. Si tu roules dans un grand groupe, jusqu'à 10 coureurs devant toi. C'est la seule façon d'avoir une marge de réaction minimale en cas de chute juste devant toi.
Si tu pédales les yeux fixés sur la roue qui te précède, il te sera impossible d'anticiper un éventuel accident.
Plus tu te rapproches du cycliste devant toi, plus tu bénéficies de son aspiration. Mais ne sois pas obsédé par sa roue arrière. Anticipe ce qui arrive devant. Rouler dans l'aspiration ne doit pas signifier coller au maximum. Nous éviterons ainsi le risque de toucher la roue et de tomber. Place-toi sur le côté du coureur qui te précède, mais pas juste derrière (en ligne). S'il freine, tu pourras te déplacer sur le côté et t'échapper.
4.- Analyse ta voie d'évasion
C'est quelque chose qui vient de l'expérience et d'une certaine intuition. Une rafale de vent soudaine, un rétrécissement de la chaussée, un virage qui se referme plus que prévu... Assure-toi qu'il y a de l'air ; c'est-à-dire qu'il y ait suffisamment d'espace entre ton vélo et celui de tes compagnons de groupe. Même avec toutes les précautions, une chute peut te surprendre à tout moment ; mais si tu restes attentif, tu auras plus de chances de l'éviter. Lorsque tu roules dans un groupe nombreux, il est toujours plus sûr de prendre les virages à l'intérieur. Surtout si les virages sont serrés. Si un cycliste touche un trottoir ou une bosse du terrain avec sa pédale, la tendance est de glisser vers l'extérieur, éjectant les coureurs comme des quilles. Si tu restes à l'intérieur, disons que tu as plus de contrôle sur ton destin.
5.- Oublie les freins (jusqu'à un certain point)
Si tu utilises les freins dans un groupe, tu provoqueras des ralentissements soudains. Par conséquent, le cycliste derrière toi aura plus de chances de manger ta roue arrière, de toucher la roue et de provoquer le chaos. Si, en plus, on bloque la roue, la perte de contrôle du vélo est presque assurée. Déplace-toi entre les courants d'air. Si tu vois que tu te rapproches trop du cycliste devant, sors de la trajectoire pour que ce soit le vent qui te ralentisse progressivement. Lorsque ta vitesse s'égalise avec celle de tes compagnons, reviens dans l'aspiration du groupe.
6.- Apprends qui est sûr et qui ne l'est pas
Même dans le peloton professionnel, il y a des cyclistes connus pour être sûrs. Disons que ce sont des roues fiables à suivre. D'autres sont plus enclins à avoir des accidents. Il en va de même dans un groupe d'amateurs. Observe comment tes compagnons roulent et les décisions qu'ils prennent à chaque instant. Tu reconnaîtras rapidement les cyclistes qui représentent un danger. Lors d'une épreuve cyclo-sportive, évite ces personnes. Dans ton groupe, essaie de les aider à développer leurs compétences pour rouler en peloton. Ne les évite pas et ne leur suggère pas d'abandonner leurs efforts. Au contraire, rouler en groupe est une compétence qui s'apprend et, en tant que communauté, il est de notre responsabilité d'enseigner de bonnes habitudes aux nouveaux venus.
7.- Prends des relais, n’attaque pas
Lorsque tu prends le relais du cycliste qui mène le groupe, ne donne pas le coup de hache. Augmente simplement un peu la vitesse et dépasse-le naturellement. Si c'est toi qui es devant, laisse-toi glisser vers l'arrière pour éviter que celui qui te dépasse soit condamné à un effort excessif. Malheureusement, il est fréquent de voir le cycliste frais comme une pomme qui prend la première position en dépassant la puissance. Résultat : cycliste isolé devant et harmonie du groupe brisée.
8.- Pose tes mains sur le guidon
Si tu as besoin de t’étirer, d’enlever un vêtement ou de fouiller dans les poches du maillot, mets-toi d’abord en queue du groupe. Chaque fois que tu roules en compagnie, garde les mains sur le guidon. Tu peux te mettre en danger et mettre en danger tes compagnons. Bon sens.
9.- Apprends à te moucher
La réalité est dure et il y a des moments où il devient impératif de cracher ou d’évacuer des mucosités. Fais-le lorsque tu es à la fin du groupe. Si tu dois exécuter à côté d'autres cyclistes, vise la route, pas le côté. Penche un peu la tête et expulse ce que tu dois expulser sous le bras, comme si tu visais l’extrémité du guidon, plus ou moins.
10.- Change de vitesse en te mettant debout
Quand tu te mets debout en pédalant, la répartition du poids sur le vélo change et la cadence a tendance à ralentir. Cela peut provoquer une décélération soudaine. C’est comme si ta roue arrière reculait vers la roue avant du cycliste derrière toi. Tu peux non seulement lui faire peur, mais aussi provoquer une collision. Pour l’éviter, descends d’un ou deux pignons en te levant de la selle. De cette façon, tu utiliseras une cadence plus basse et tu maintiendras une vitesse constante. Tu seras plus prévisible.
11.- Ne mets pas la roue devant
En Espagne, il est permis aux cyclistes de rouler côte à côte. En fait, c’est la formation habituelle dans tous types de groupes. La bonne façon de le faire est guidon contre guidon. Évite de rouler avec une demi-roue d’avance sur le cycliste à côté de toi. C’est quelque chose qui peut irriter tes compagnons ; surtout si tu accélères pour garder ce léger avantage. Cette attitude finit par augmenter le rythme inutilement, brisant l’harmonie du groupe.
Si tu roules en parallèle, ne devance pas ton compagnon, car tu finiras par accélérer inutilement le rythme du groupe.
Si tu te sens le plus fort, reste plus longtemps en tête, mais au rythme du groupe. N’oblige pas tes compagnons à pédaler au-dessus de leurs capacités. C’est quelque chose de très agaçant. De cette façon, tu obtiendras l’entraînement que tu recherches et tes collègues seront plus à l’aise dans la roue pendant plus longtemps. En montée (nous ne parlons pas de cols), essaie de fixer un rythme confortable pour environ la moitié du groupe. Cela pourrait être plutôt facile pour toi, mais exigeant pour certains compagnons. C’est une bonne stratégie pour maintenir la formation compacte dans la majorité des montées.
12.- Évite de mettre le groupe en danger

Rejoindre un groupe, c’est comme rejoindre les mousquetaires : tous pour un et un pour tous. Pour la sécurité et l’efficacité, tout le groupe doit se déplacer comme un seul esprit. C’est quelque chose à garder à l’esprit, surtout si tu es en tête. Tout le groupe peut-il passer le feu au vert ? Y a-t-il assez d’espace dans la circulation pour que tout le groupe puisse tourner à gauche ? Même si chacun doit être responsable de lui-même, évite que les cyclistes qui te suivent puissent être mis en difficulté. À un moment donné, une voiture passera trop près ou un excité vous invectivera depuis la voiture. Trop s’attarder sur ces situations est risqué. Tu peux mettre plus de personnes en danger et les impliquer dans une situation qu’elles ne voudront peut-être pas gérer. Reste calme. Qu’en penses-tu ? As-tu d’autres recommandations ? À long terme, la plupart de ces habitudes deviennent de simples automatismes. Plus tu rouleras longtemps avec le même groupe de personnes, mieux tu pourras anticiper leur comportement. Tu profiteras davantage et tu te sentiras plus en sécurité.
L'équipe Tuvalum